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Battre la monnaie, gérer le changement: la promesse des monnaies locales

Cet article a été publié la première fois dans le numéro de l’automne 1998 de Orion Afield.

Traduction: Michel Ickx. Octobre 2005. MICKX BLOG.

Le 30 mai 1998, la section Métro du New York Times publiait en première page un article sur le “Thread City Bread” une monnaie locale émise à Willimantic, Connecticut. Dans les jours suivants CNBC, ABC World News Tonight,” “Voice of America,” Fox News à Boston, Northeast Magazine, ainsi que plusieurs journaux, télévisions et radios locales descendaient sur Willimantic pour interviewer des personnages locaux, banquiers, et commerçants sur leur monnaie sui generis.

Les monnaies locales qui connurent une popularité durant la grande dépression de 1930 quand les dollars fédéraux vinrent à manquer connaissent un renouveau aux USA, mais pour d’autres raisons. Dans les années quatre-vingt dix des petites villes et des quartiers découvrent ces dénominations locales qui contribuent à définir des espaces d’échanges régionaux, font connaître les ressources locales aux consommateurs, et renforcent les communautés. Willimantic rejoint les 65 autres localités en Amérique et au Canada où l’on peut utiliser des billets bigarrés appelés Dillo Hours et Barter Bucks pour n’importe quel usage, depuis les achats domestiques alimentaires jusqu’aux coupes de cheveux ou réparations de PC.

Tout commence en 1989 quand  Frank Tortoriello, propriétaire d’un restaurant très populaire dans le Berkshires du sud au Massachussetts, se voit refuser un prêt bancaire destiné à un changement d’emplacement. Dans une petite communauté la nouvelle se répand très vite. Nous tous dans les bureaux de la Schumacher Centre, fréquentions le “Deli”. Nous étions conscients du fait que Frank avait une clientèle fidèle qui pouvait se permettre le risque de maintenir en activité cet endroit de déjeuners très populaire. C’est ainsi que nous avons suggéré à Frank d’émettre des “Deli Dollars”  pour s’autofinancer. Les clients pourraient acheter ces billets en vente durant un mois et les échanger l’année qui suivrait la réouverture.

Martha Shaw, une artiste locale, offrit le dessin de ces billets qui portaient la date et la mention “échangeable pour repas pour la valeur maximum de dix dollars”. Frank vendit les billets de dix dollars à huit dollars pièce et en 30 jours recueillit 5000$. Durant l’année suivante il repaya son prêt, en sandwichs et en soupes, au lieu de dollars fédéraux plus difficiles à gagner. Bientôt des “Berkshire Farm Preserve”, “Monterrey General Store” et des Kintaro suivirent dans ce qui ressemblait à  un véritable mouvement.

Paul Glover de Ithaca, New York, entendit la nouvelle des billets du Berkshire à la radio en 1991. Cette idée d’une monnaie d’échange de la main à la main qui permettait aux consommateurs de supporter les entreprises locales au moyen d’achat anticipé des produits lui plut mais il souhaitait élargir ce concept. Au lieu que chaque entreprise émette sa propre monnaie, pourquoi la communauté dans son ensemble ne pourrait-elle pas émettre un titre provisoire local? Afin d’apprendre comment cela était possible il passa une semaine à rechercher l’histoire et la théorie des titres d’échange régionaux dans la bibliothèque de la Schumacher Centre. Il eut de longues conversations avec un des fondateurs de la Centre, Robert Swann, lequel a dédié une grande partie de sa vie à promouvoir ces monnaies locales

De retour à Ithaca, Paul parla à des entrepreneurs à domicile. Comme il est fréquent dans les campagnes, nombreux sont ceux qui gagnent leur vie non pas avec un emploi de 25.000$ par an, mais avec 5 activités artisanales à 5000$ par an. Ils cuisent des tartes, réparent des tondeuses à gazon, font du paysagisme, peignent des maisons, tiennent des registres comptables, font les tuteurs ou gardent les chiens en absence de leurs propriétaires. La plupart de ces mini entrepreneurs manquent de capital pour faire de la publicité afin d’augmenter le nombre de leurs clients. Paul demanda à plusieurs de ces autonomes s’ils accepteraient un titre provisoire local en échange de leurs produits et services. N’ayant rien à perdre plusieurs s’y engagèrent.

Chacun des premiers membres reçut l’équivalent de 40$ en titre provisoire, d’une valeur dénommée en travail horaire. La valeur de chaque titre d’une HEURE correspondait à dix Dollars fédéraux – équivalent à un salaire horaire normal pour la région. Paul imprima plusieurs valeurs de ces tires horaires avec des images représentant les merveilles naturelles d’Ithaca, des enfants et des personnages célèbres. Pour éviter les contrefaçons il utilisa de l’encre sensible à la chaleur, du papier à haute teneur en vieux chiffons, des numéraux de série, et des motifs en relief. Pour attirer de nouveaux participants on imprima “HOURTown” (HEURVille), un journal gratuit avec la liste des commerces qui acceptaient les “Ithaca HOURS, et des récits concernant des échanges réussis.

Dans les coulisses, Paul continue à  maintenir les HOURS en circulation. Il découvre les commerces qui ont trop de ces HOURS dans leurs caisses, et prend le temps de discuter avec les propriétaires, leur conseillant comment étendre l’usage des HOURS. Paul connaît, parmi les commerçants, le menuisier qui travaille le mieux, il sait également si le fermier en bas de la route à la réputation de livrer des salades bien lavées, et si le type du motoculteur sera capable de terminer le labourage avant la fin de la semaine.

Principalement du à cette constante attention pour le détail, l’équivalent de 56.000$ en Ihtaca HOURS est en circulation aujourd’hui, ce qui représente plusieurs millions de Dollars d’opérations commerciales. Un conseil informel, la Réserve Municipale, garde l’oeil sur la circulation des titres, décidant si et comment des titres additionnels doivent être émis. Dans la région, il y a 370 entreprises–constructeurs, fermiers, restaurateurs, cinémas, masseurs, y compris la coopérative locale de crédit–qui accepte à présent une part des paiements en Ithaca HOURS. De fait,  dans le cahier des charges pour l’aménagement de leurs nouveaux  bureaux, Bill Meyers, président de “Alternative Federal Credit Union” a exigé que l’entrepreneur sélectionné accepte une partie des paiements en HEURES Ithaca. Le message était très clair: les entrepreneurs de l’extérieur pouvaient s’abstenir. Meyers explique que l’entrepreneur qui emportera la commande deviendra nécessairement à son tour un promoteur d’ HEURES Ithaca auprès des sous-traitants, accélérant ainsi le commerce en titres locaux et ajoutant de nouvelles opportunités d’échange à la liste grandissante des participants.

Le kit d’initiation à la monnaie locale des HEURES Ithaca a inspiré dans tout le pays des groupes qui ont travaillé à développer des monnaies adaptées à leurs communautés particulières. Pour Paul Glover et pour d’autres visionnaires de ce mouvement, les titres locaux sont bien plus qu’un moyen de revitaliser l’économie locale. Ils offrent un moyen direct pour répondre à l’aliénation que nous ressentons dans une économie globale en expansion, et pour restaurer des économies locales basées sur des principes sociaux et écologiques.

Dans une simple économie de troc, les méthodes de production sont bien visibles. La valeur des carottes que nous offrons en échange est directement liée au souvenir du travail de jardinage, de l’élaboration du tas de compost, et de l’attente de la pluie après la pose des semences. Et bien que notre connaissance des stères de bois de chauffage pour lesquels nous échangeons ne soit pas aussi claire, nous n’en avons pas moins vu notre voisin couper et empiler le bois du frêne. Les échanges au moyen du  troc nous lient inévitablement à un endroit et à un moment concret. L’argent, malgré tous ses avantages évidents, introduit un élément d’abstraction dans ce processus. Cela l’était moins dans le passé quand des bines réels étaient utilisés comme monnaies, ou comme étalon ou pour nommer les monnaies. La valeur était encore dérivée de la quantité de travail appliquée à des ressources naturelles. Quand un pasteur tibétain échangeait une brique de thé (autrefois utilisées comme monnaie) pour son agneau, il pouvait imaginer le thé bouillant dans un récipient sur le feu dans la yourte, les jours nécessaires pour cultiver les plants sur les versants et les heures passées penché pour recueillir les minuscules feuilles nouvelles. Il pouvait comparer mentalement la valeur acceptée d’une brique de thé avec celle de l’agneau entre ses bras.

La majorité des monnaies nationales de nos jours ne sont plus basées sur des denrées. Elles sont reliées entre elles, ou attachées d’une manière vague à la productivité générale du pays d’origine. À la fin du vingtième siècle, l’argent est devenu complètement abstrait par rapport à notre expérience quotidienne. Nous parlons d’obtenir  un intérêt de six pourcent, mais nous n’avons aucune image de “ce que  fait notre argent dans la nuit”–que ce soit fabriquant des brouettes au Brésil, cultivant du maïs sur des terres fertilisées chimiquement en Iowa, ou fabriquant des chaussures dans une usine en Thaïlande pleine de travailleurs entassés.

Une des taches les plus cruciales du siècle qui commence sera celle de donner forme à notre système économique de façon à ce que des protections sociales et environnementales soient inclues dans son dessein. Une connaissance théorique des mauvaises conditions de travail et des décharges toxiques ne provoquera pas nécessairement un changement dans les comportements des consommateurs. Quand nous serons capable d’imaginer clairement les processus de fabrication, parce qu’ils nous sont familiers, et qu’ils affectent les ressources humaines et naturelles de nos communautés, alors nous serons forcés d’exiger des conditions de sécurité pour les travailleurs et des méthodes de production non contaminantes.

En réduisant intentionnellement nos choix de biens de consommation à ceux  fabriqués localement, les monnaies locales nous permettent de connaître plus profondément l’histoire des biens achetés—histoires qui incluent les êtres humains qui les produisent ainsi que les minéraux, rivières, plantes et animaux que nous utilisons pour les assembler. De telles histoires, façonnées par l’expérience de la vie réelle, travaillent sur l’imagination pour encourager des choix raisonnables de la part des consommateurs et pour rétablir un compromis avec la communauté. En ce sens, les monnaies locales se transforment en outil, non seulement pour le développement économique, mais aussi pour un renouveau culturel.

La diversité des monnaies locales a attiré et dynamisé un réseau informel de praticiens qui communiquent régulièrement par e-mail et par des articles et qui se rassemblent périodiquement à l’occasion de conférences où ils partagent succès, problèmes et nouvelles idées. Les Conférences Décentralisées de 1997 parrainées par la Schumacher Centre ont attiré la participation de nombreux activistes provenant de toute l’Amérique du Nord. Les pionniers de ce mouvement vinrent pour organiser de ateliers—des gents comme Paul Glover, Diana McCourt et Jane Wilson, fondateurs de “WomanShare” à New York, ainsi que Tim Mitchell  et Gurunam Kaur Khalsa de “Valley Trade Connection” dans le Massachusetts. Lewis Solomon, professeur de droit de l’Université George Washington apporta l’expertise légale (pour la question habituelle, ces monnaies sont elles légales? la réponse est oui), l’homme d’affaire Australien Shann Turnbull expliqua comment les monnaies locales peuvent parfaitement servir pour financer des entreprises émergentes dans les pays en voie de développement. Des discussions familières durèrent jusque tard dans la nuit, les participants débattant des questions pratiques telles que comment déterminer la quantité optimum de titres en circulation?

En février 1998 à San Francisco, Jim Masters du “Center for Commodity Futures” organisa une conférence qui présenta à des ONG les possibilités d’intégrer les monnaies locales dans leurs programmes de développement. Jim qui a longuement travaillé avec des agences de service social financées par le gouvernement depuis l’administration Johnson, a pressenti qu’en époque d’effondrement des finances publiques, les monnaies locales offrent un outil puissant et créatif pour la construction de communautés durables. La conférence rassembla des représentants de groupes de services sociaux de Chicago à Honolulu, avec des activistes experts en programmes d’échange local sans titres. Edgar Cahn expliqua comment les Time Dollars, qui sont émis par des organisations sans but lucratif pour des volontaires, pouvaient créer un climat d’entraide de voisinages. Le canadien Michael Linton expliqua les “Local Economic Trading systems” (LETS ou systèmes d’échange économique local) qui ne reposent pas sur des titres échangé de la main à la main, mais qui dépendent d’un ordinateur centralisé pour comptabiliser les échanges.

Les prestataires de services s’intéressèrent particulièrement au potentiel des systèmes basés sur les HEURES pour la création d’emploi, multipliant les questions. En tant que gérants de grandes organisations, ils connaissent la difficulté de maintenir un programme réussi. Ils s’interrogeaient sur la manière dont un système de monnaie locale pourrait soutenir une direction professionnelle pour superviser des opérations de longue durée. Les trois conférences  consacrèrent un temps de débats suffisant sur ce point, et sur la question apparentée: comment impliquer un plus grand nombre d’entreprises du secteur marchand dans des échanges de ces monnaies régionales. L’avenir du mouvement des monnaies locales dépendra des développements dans ces domaines.

Les petits entrepreneurs à domicile qui sont les premiers à se joindre à des programmes d’HEURES sont bien les personnes qui ont le plus besoin d’une  économie revitalisée, mais ils ne disposent pas d’une marge de revenus suffisante pour payer l’administration  de ces programmes. La coordination pour la plupart des programmes d’HEURES  a été prise en charge par des volontaires. En conséquence, bien que ces programmes soient souvent l’objet d’une forte attention médiatique, ils n’ont en majorité pas le personnel et la capacité financière pour atteindre leur potentiel maximum.

Quelques systèmes de monnaies locales émettent un pourcentage réduit de tires en circulation pour un paiement symbolique en témoignage de reconnaissance aux administrateurs. Les Ithaca HOURS maintiennent  une limite fixe de 5 pourcent. Mais comme politique générale, émettre pour des buts administratifs peut mettre en danger la solidité de l’émission. Il est plus approprié de payer l’administration  en concept d’honoraires pour services rendus. D’autres groupes sont formés à partir d’organisations existantes, utilisant des structures déjà installées. A Calgary dans l’Alberta par exemple le Bow Chinook Barter Community (Communauté de Troc) a pris corps à  partir du Arusha Centre, recevant une aide financière importante pour son organisation de la Calgary United Way qui voit ce programme comme moyen de création d’emploi. D’autres groupes cherchent à s’affilier à des organisations locales de développement économique.

Plusieurs importantes agences de services sociaux ont adopté des projets de monnaies locales dans leur sein, depuis que de nouvelles dispositions des lois de protection sociales les ont contraintes à trouver des emplois pour leurs clients. Ne désirant pas éloigner des mères célibataires de leur foyer pour les placer dans des emplois peu rémunérés dans des fast-food, ces agences utilisent les monnaies locales pour créer des opportunités de commerce à domicile, maintenant ainsi les quartiers sains et les mères à la maison quand les enfants rentrent de l’école. A Philadelphie, la “Resources for Human Development”, une ONG engagée dans la distribution d’aides du gouvernement fédéral et du gouvernement régional a investi un temps et des ressources considérables pour émettre des “Equal Dollars”. En Caroline du Nord, Suzanne Kinder coordonne le programme DEPC Dollar de la “Down East Partnership for Children”. Les clients sont rémunérés pour leur travail auprès de plusieurs ASBL en Dollars DEPC, qui peuvent êtres dépensés dans le magasin DEPC pour des aliments, vêtements, jouets et d’autres articles donnés par des volontaires.

Bien que ces agences aient été efficaces, elles sont contraintes par le code des taxes fédérales à servir seulement leurs clientèles à faibles revenus. Si elles désirent continuer à supporter les nouvelles entreprises créées grâce à leurs efforts, elles devront élargir leurs programmes de monnaies locales pour inclure la communauté bancaire, les entreprises marchandes et les fournisseurs de services professionnels. Au bout du compte il faudra une coalition de groupes sans but lucratif et d’entreprises marchandes travaillant ensembles pour former le type d’organisation régionale, structurée démocratiquement qui peut apporter l’administration à long terme d’un programme de monnaies locales. Dans un modèle de ce genre les coûts administratifs seraient payés sur la base de droits d’adhésion. Un ample usage des titres devrait garantir que la richesse est re-circulée à l’intérieur de la communauté où elle est créée, supportant à son tour, un autre groupe de producteurs régionaux. Plusieurs groupes ont déjà préparé le terrain pour de tels développements.

Dans la région du Sud Berkshires au Massachussetts, nous avons la chance d’avoir une communauté bancaire saine avec une solide réputation de partenariat et de réinvestissement local. Des six banques opérant dans la région, cinq ont un actionnariat local. Ce fut un banquier du Berkshire qui s’aventura à proposer la participation d’un large segment de la communauté d’affaires dans l’émission d’un titre d’échange local. Ce programme serait basé sur un billet escompté à 90% de la valeur en Dollars fédéraux. Les consommateurs pouvaient se rendre à leur banque préférée et acheter 100 “BerkShares” pour 90 dollars. Aussi longtemps que ces “Berkshares” demeurent en circulation ils sont échangés pour leur pleine valeur en Dollars Equivalents, encourageant ainsi les commerçants à rechercher des fournisseurs locaux pour leurs établissements et créant de cette manière de nouveaux marchés locaux pour de petites entreprises à domicile. La participation des Banques devrait faciliter les échanges initiaux dans le titre d’échange local. À la fin du compte les commerçants déposeraient l’excès de titres à quatre-vingt dix centimes le dollar.

L’augmentation du volume d’affaires produit par un projet  pleinement opérationnel  compenserait largement le décompte de dix pourcent. Avec une base suffisante de participants, le système pourrait prélever un droit annuel pour ce service obtenant ainsi des fonds suffisants pour rémunérer une direction professionnelle. Les entreprises à domicile pourraient se joindre au programme suivant un calendrier et droits différents. Le système pourrait être administré par un comité de la Chambre de Commerce (sans but lucratif pas définition) avec la représentation de différents secteurs de la communauté.

À Toronto l’écrivain Joy Kogawa et la commerçante Susan Braun sont le fer de lance d’une initiative semblable qui combinerait le titre d’échange émit par des banques à dix pourcent d’escompte avec le modèle des HEURES. Le projet a déjà rencontré un support substantiel auprès des commerçants du  voisinage prospère de St Lawrence.

Les projets du “BerkShare” et celui de Toronto sont seulement deux exemples de programmes construits sur l’irrésistible modèle d’Ithaca. Dans l’avenir les monnaies locales pourraient être émises simplement au moyen de prêts basés sur la productivité, lesquels introduisent dans l’économie de nouveaux produits  dont la valeur excède celle du prêt. Un exemple familier serait celui d’un fermier qui recevrait un prêt au printemps pour acheter des semences qui produiront une abondante récolte de légumes en automne. Le taux d’intérêt pour de tels prêts pourrait être nul, encourageant des fabrications locales, des installations qui génèrent des énergies renouvelables, et d’autres petites entreprises qui ne sont pas économiquement compétitive aujourd’hui. Finalement, un émetteur sans but lucratif pourrait détacher le titre local du dollar fédéral, sur la base d’un étalon tel que le bois de chauffage, ou un panier de denrées–maïs, graines de soja et blé par exemple–comme ce fut le cas à Exeter au New Hampshire dans les années soixante-dix. Dans un tel scénario, la monnaie maintiendrait une valeur locale constante en relation avec une ressource naturelle, rendant de nouveau visible la connexion entre la santé de l’économie locale et celle de la terre.

De telles idées auraient semblé utopiques il y a quelques années, quand les programmes des “HEURES” et d’autres monnaies alternatives commencèrent  à prendre leur élan. Aujourd’hui quand les activistes de ces monnaies se réunissent, on ne peut douter du dynamisme en marche. Le mouvement possède toute l’énergie, l’idéalisme, et la mobilité d’un jeune adulte–expérimentant encore pour trouver la bonne formule, pas inquiet de prendre des risques, capable de modifier la direction selon les nécessités, et déterminé à changer le système économique pour refléter des valeurs sociales et environnementales profondément ressenties.

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Susan Witt

Susan Witt is the Executive Director of the Schumacher Center for a New Economics, which she co-founded with Robert Swann in 1980. She has led the development of the Schumacher Center’s highly regarded publications, library, seminars, and other educational programs, which established the Center as a pioneering voice for an economics shaped by social and ecological principles. Deeply engaged … Continued

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